Installer facilement son espace pour peindre à l’encaustique

J’entends souvent qu’il est fastidieux d’installer un espace de travail pour peindre avec de la cire chaude… C’est vrai que la boîte d’aquarelle, c’est plus simple ! Cela paraît tellement peu ordinaire, la plancha, un décapeur thermique, des rallonges électriques la plupart du temps… la place sur la surface chauffante est limitée, les pinceaux tombent des pots et entraînent avec eux le précieux liquide coloré…

L’espace de travail pour peindre à l’encaustique.

J’ai moi-même souvent pesté contre tout ce matériel rebelle, contre les lois de l’équilibre, contre les limites bien réelles de la surface de la plancha…

J’ai fini par établir une routine “pré-peinture” en début de séance qui porte ses fruits. Je dédie une quinzaine de minutes à l’organisation de mon espace de travail. 

Il ne s’agit pas uniquement de s’organiser matériellement, mais aussi d’entrer dans un état d’esprit propice à la créativité.

En premier lieu, je débarrasse de la zone tout ce dont je n’aurai pas besoin… pour moi, cela peut être une sculpture en cours, la liste des courses 😉 , ma tablette, la théière vide, … La table est propre, et si vous en avez besoin, disposez un papier kraft ou une toile cirée pour la protéger.

La disposition du matériel sur la surface de travail.

La plaque chauffante

Au centre, la plancha, branchée à une prise électrique via une rallonge avec interrupteur. Il s’agit d’une sécurité supplémentaire lorsque je quitte l’atelier, j’éteins aussi les rallonges.

J’installe le décapeur thermique à gauche, parce que je suis droitière : avec un peu d’expérience, on peut chauffer de sa “mauvaise main” tandis qu’on peint de la bonne… 

Autant que possible, branchez vos outils chauffants sur différentes prises de courant pour répartir vos besoins sur les fusibles du tableau électrique.

Le matériel à droite de la plancha

Le matériel

À droite de l’espace de travail, les pinceaux et le matériel (papier absorbant, grattoirs, pots pour les mélanges,…)

Je laisse de la place pour pouvoir déposer les pots de peinture encore chaude que je retire de la plancha en cours de travail afin d’utiliser d’autres couleurs. Après avoir rapidement essuyé le fond du pot sur du papier absorbant, je le pose sur une feuille de papier cuisson à laquelle il n’adhère pas en refroidissant. 

Posez un “coussin” de papier absorbant pour essuyer rapidement les pinceaux qui sortent de la paraffine.

Le projet

Devant moi, le panneau à peindre, posé sur des tasseaux de bois pour le surélever. La cire peut couler sur les bords du tableau, se figer sur la table et agir comme une “colle” au moment de soulever le travail en cours.


La disposition des couleurs sur la plancha

Jaune de chrome et gris vert sur la plancha

Avant de commencer à peindre

Il est important de prendre un moment pour décider des couleurs à utiliser. Je le répète souvent au cours des formations, la peinture à l’encaustique est un média “extra-fin”, de qualité, et coûteux si on ne prend pas quelques précautions. Ceci est important surtout si on travaille en grand format (> 40 x 40 cm). Les petits formats peuvent se prêter à l’exploration intuitive, et permettent de découvrir des harmonies ou des effets que l’on peut utiliser par ailleurs.

J’ai appris à préparer le travail en amont, en décidant de ce que je veux peindre plutôt que de partir à l’aventure sur le support. Quelques croquis ou images inspirantes placés en évidence ou épinglées sur le mur en face de moi guident le travail en cours.

Images inspirantes sur mon mur.

Organiser la plancha

Dans mon stock de couleurs, je choisis une série de quelques teintes qui m’inspirent, et je les place au centre de la plancha sans oublier la pince en bois qui permet de manipuler les pots lorsqu’ils sont chauds. J’ajoute du blanc dans un pot plus grand (j’en utilise beaucoup !) et un “gris de récup” issu des boulettes de grattage des travaux précédents. Ce gris parfois ingrat me sert à poser les premières couches d’encaustique à la place du médium.Vous trouverez comment procéder dans cet article.

Coupelles métalliques pour les mélanges.

Devant mes pots de couleur, je pose des soucoupes métalliques vides pour les mélanges. À gauche, le contenant de médium propre, à droite celui de paraffine pour le nettoyage des pinceaux. Ces deux contenants sont différents l’un de l’autre et à chaque extrémité de la plancha… pour éviter de rincer le pinceau dans le médium ou d’allonger une teinte avec de la paraffine (oui oui, ça arrive !)

Si j’ai de la place, j’ajoute un pot de paraffine propre pour maintenir les pinceaux souples et chauds, prêts à l’emploi.

Pots de paraffine au bout de la plancha.

Astuce : Utilisez toujours le même pinceau pour le médium, et employez-le uniquement pour le médium. Cela évite d’avoir à le nettoyer en fin de séance. J’ai aussi un pinceau dédié au blanc pur et au noir.

L’organisation en fin de séance

Retirez les pinceaux des pots de couleur et de la paraffine. Pour ma part, je me contente de les essuyer et de les ranger tête en l’air dans les paniers (j’utilise des anciens paniers à couverts de lave-vaisselle). Je les nettoie le mieux possible sans chercher à les rendre parfaitement propres.

Essuyage des pinceaux en fin de séance.

Après avoir essuyé les fonds de pots souillés sur du papier absorbant, il suffit de les laisser refroidir sur une feuille de papier cuisson avant de les ranger (je devrais dire les “jeter” !) dans leurs casiers. 

La plancha se nettoie avec du papier, et je termine par un passage au chiffon propre et quelques grains de paraffine. De cette manière, elle ne fumera pas intempestivement lors de la séance suivante 😉

Les taches d’encaustique refroidie sur la table disparaissent en grattant avec un couteau de peintre, et pour finir, si nécessaire, passez un chiffon imbibé de white-spirit.

En résumé

Avec le temps, j’ai constaté que peu de matériel sur mon espace de travail facilite grandement le geste et la concentration. Le stock de couleurs est facilement accessible sur les étagères de l’atelier, et s’ il manque une teinte ou un outil, je vais le chercher. Je fais régulièrement des pauses pour retirer ce qui ne me sert pas sur la plancha. Je préfère laisser la place aux coupelles à mélanges dont je fais grand usage. Il faut d’ailleurs noter que les couleurs qui chauffent et parfois surchauffent ont tendance à devenir plus foncées. Ne les laissez donc pas inutilement à la chaleur.

Il ne reste qu’à débrancher les outils chauffants et à admirer l’œuvre du jour !

Vous avez certainement déjà vos astuces personnelles pour vous organiser… Merci de nous en faire part en commentant cet article !

Dans le prochain article, je vous montrerai quelques-uns de mes outils indispensables pour travailler facilement l’encaustique !

Avez-vous le don d’observation ? Sur les photos, il se trouve un objet dont je n’ai pas parlé, pourtant très utile…

Merci de nous suivre et de partager !

2 Responses

  1. Avatar
    Margaux
    |

    Le thermomètre sur la plancha ? ça m’intrigue, s’il est là c’est qu’il a une utilité :-))

    • Avatar

      Bien vu ! Le thermomètre sur la plancha évite de laisser surchauffer les encaustiques, surtout si on le surveille de temps en temps 😉
      Merci Margaux !

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